Une phrase de Raymond Queneau, résume pour moi assez bien cette pause estivale, et inspire mon billet de rentrée : « La vie ? Un rien l’amène, un rien l’anime, un rien la mine, un rien l’emmène »… Un rien l’amène… La Vie. Ces moments de retrouvailles souvent familiales où l’on prend son temps, où l’on respire, où l’on se dit qu’on a changé et que tout va bien se passer. Cette vision furtive d’un chamois funambule, cristallin, là, dans la paroi où des alpinistes chevronnés ont sué de plaisir en se faisant un peu peur… Un rien l’anime… La Vie. Des fleurs, des bougies, des peluches, des messages de paix, à l’endroit même où on a voulu la tuer à l’aveugle. La mettre au pas. La rendre impossible. La terroriser. Et des mains moites qui se cherchent pour se resserrer. Et un jeune champion du monde en décathlon, s’il vous plait ! L’athlète et le sport au complet… Un rien la mine… La Vie. Un regard de travers dans la rue, prétentieux, inquisiteur. Un pépin de santé qui te tombe dessus, un de tes amis qui est parti. Un poste attendu qui t’échappe. Un animal lâchement abandonné. Un gamin à sa faim condamné. Un trop peu d’espoir à donner… Un rien l’emmène… La Vie. Un manque de tendresse. Un manque de moyens pour se soigner, une indifférence étalonnée, une vieillesse comme plaie. Et un rien l’emmène. Mais où va-t-elle la Vie, quand un rien l’emmène ? Je ne sais. Mais, elle est là, là où je suis. Là où nous sommes ensemble. Et il suffit de presque rien -comme dit la chanson- pour qu’elle soit belle la Vie. Bonne rentrée.
Photo : ours polaire, Groenland © Samuel Blanc
Chouette billet !
Plaisir de lire ton billet toutes les semaines. Bonnes observations, bonnes inspirations, bonnes
réflexions, bonne respiration. Bonne rentrée à toi aussi.