Elle zinzinule

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Elle zinzinule

Ce matin à l’orée du bois, il fait froid quand le soleil darde ses premiers rayons, chassant le givre qui orne les arbres en ce mois de février. Même les oiseaux m’accompagnent, eux que je pensais absents. Et comme pour me dire que le printemps sera pour bientôt, les voilà qui piaillent. Autant pour moi… Seuls les moineaux piaillent. Non mais ! La langue française, enrichie par nos anciens au plus proche de la nature sait trouver le mot pour qualifier chacun des chants d’oiseaux. Je ne peux me soustraire au plaisir de vous lire cet extrait d’un texte des années 70, attribué à Fernand Dupuy, député français, à l’adresse des écoliers : « Tu le sais, le coq chante, cocorico, la poule caquète, le chien aboie, quand le cheval hennit et que beugle le bœuf et meugle la vache, l’hirondelle gazouille, la colombe roucoule et le pinson ramage. Les moineaux piaillent, le faisan et l’oie criaillent quand le dindon glousse. La grenouille coasse mais le corbeau croasse et la pie jacasse. Et le chat comme le tigre miaule, l’éléphant barrit, l’âne braie, mais le cerf rait. La biche brame, quand le loup hurle. Tu sais, Que le canard nasille et que les canards nasillardent ! Que le bouc ou la chèvre chevrote ; Que le hibou hulule, mais que la chouette, elle, chuinte ; le paon braille, l’aigle trompette. Sais-tu ? Que si la tourterelle roucoule, le ramier caracoule et que la bécasse croule, tandis que la perdrix cacabe, la cigogne craquète, la corneille corbine… et la mésange zinzinule… » Zinzinule ! J’ai pu être une mésange, dans une autre vie !

Photo : iceberg tabulaire, Antarctique © Samuel Blanc

  1. Hélas, dans le monde d’aujourd’hui les enfants puisent leur inspiration à d’autres sources et à d’autres bruits, la voiture vrombit, le téléphone sonne, la sirène hurle, le métro grince et personne n’entend plus zinzinuler la mésange.

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