On s’y perd

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On s’y perd

Ça s’est passé hier soir, lundi 20 juin ; il était 22h34 : la durée du jour venait d’atteindre son maximum. Avec son corollaire : ma nuit fut courte ! Les ours blancs sur le peu de banquise qui leur reste au cercle polaire arctique ne verront plus, pendant quelque temps, le soleil se coucher. A l’autre bout du monde, les manchots empereurs au sud polaire antarctique affrontent la nuit permanente en se protégeant du froid et du vent catabatique. Un tantinet ours et manchot mon billet du jour, car voilà que je tombe par hasard sur une vielle connaissance ! Un texte bien connu, trouvé, dit-on, dans un vieil almanach et sur lequel j’ai déjà chauffé ma voix. C’est décidé : ce soir vous le savez par cœur pour le déclamer à vos invités. Essayez à haute et intelligible voix ! Succès garanti : … Monsieur Lamère épouse Mademoiselle Lepère. Ils ont un fils. Le père, bien que père, est resté Lamère ; mais la mère, avant d’être Lamère était Lepère. Le père est donc le père sans être Lepère, puisqu’il est Lamère. Tandis que la mère est Lamère, bien que née Lepère. N’étant ni le maire ni la mère, le père ne commet donc pas d’impair en signant Lamère, son nom. Seul fut élu maire, le fils Lamère, fils de Mademoiselle Lepère sa mère et de son père Lamère. La mère du maire meurt. Lamère, père du maire, la perd ; de même que le père de la mère du maire, le grand-père Lepère, beau-père de Lamère le père du maire… Père, ancien maire et avec mes yeux pers, voilà qu’un jour d’équinoxe, je m’y perds. Bonne Mère !

Photo : manchots empereurs, Antarctique © Samuel Blanc

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