Quand je serai grand

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Quand je serai grand

J’ai vu tout de suite que ça n’allait pas ! Le cartable à la traine, la mine défaite des mauvais jours, les yeux sur ses godasses. Bref ! Ce n’est pas la fête, même si les vacances sont là…
Sur la pointe des pieds comme il sied dans ce cas-là, j’y vais de mon impeccable et conventionnel : « qu’est-ce qui ne va pas, mon grand ? » Trois secondes de silence et un direct du gauche dans son ballon plus tard : « je ne veux pas être grand ! ».
J’en ai la chique coupée, -comme disent ceux qui n’ont visiblement jamais chiqué- et les mots habituellement faciles ne me viennent pas. Un gamin haut comme trois pommes m’affirme ne pas vouloir devenir grand ! Alors qu’autour de lui on fait certainement tout pour ça.
Il se raconte qu’on a demandé un jour au jeune John Lennon, le futur fondateur des Beatles, ce qu’il voulait faire quand il serait grand. « Je voudrais être heureux ! » aurait-il répondu. Et de rapporter sa surprise d’être taxé de ne pas avoir compris la question.
Je ne sais trop pourquoi, mais à chaque fois que je l’entends chanter Imagine, je suis d’accord avec lui… Imagine ! N’y aurait-il pas un lien indéfectible entre vouloir être grand et vouloir être heureux…
Déambulant récemment au salon lyonnais Primevère, mon attention a été attirée par une affichette proposant cette phrase de Philippe Gammage, enseignant expérimenté et connu : « on n’a jamais fait grandir quelqu’un en le mesurant ».  De quoi, même petit, ne pas vouloir être grand !

Photo : manchots empereurs, Terre Adélie © Samuel Blanc

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