Sourire

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Sourire

Permettez-moi de dédier ce premier billet 2016 à notre ami Henri. Atteint par la maladie, dans son message de Noël il nous a relaté cette histoire vécue…

« J’étais installé dans un train Corail … précisément au milieu du compartiment, à l’endroit où les sièges sont face à face. Le compartiment était bondé. Quatre voyageurs au milieu de beaucoup d’autres se faisaient face et j’étais l’un d’eux. Quelques fois nos regards se croisaient rapidement, mais personne ne parlait. La disposition était idéale pour jouer aux cartes… Malheureusement j’étais sûrement le seul à y penser et je n’avais aucune envie de proclamer tout haut mon idée un peu saugrenue. La situation me paraissait plutôt difficile à gérer, à moins de tomber dans l’indifférence la plus complète. Arrive un enfant, d’à peu près trois ans, venu on ne sait d’où. Je ne l’avais pas remarqué, pas vu, pas entendu. Tout à coup il est là, dans l’allée, se tenant debout avec peine dans le balancement du train et s’accrochant sans problème aux bras des voyageurs. Il s’arrête près de nous. Il prend un peu de temps ; me regarde droit dans les yeux, fait quelques pas comme s’il voulait nous quitter puis revient, regarde aussi les autres : ‘Pourquoi vous dites rien ? ‘ Et il s’en va sans attendre de réponse. »

Alors, avec toi l’ami, je nous souhaite une douce année 2016 au cœur de l’histoire banale de ces gens qui, repoussant la tristesse de l’indifférence, en viendront à se sourire, s’adresser la parole et pourquoi pas… taper le carton !
Merci, Henri, de nous avoir distribué les cartes.

Photo : léopard de mer, Antarctique © Samuel Blanc

  1. Je crois savoir qui est cet HENRI et je revois son sourire accueillant; et je suis sûr que malgré la maladie il sait encore sourire. Salut !
    C’est vrai que le sourire se remarque -il y a tellement de « tristes », et qui ne savent pas pourquoi- : je visitais une personne âgée dans une Epadh et ne la trouvant pas dans sa chambre je me renseignais quant à l’endroit où elle pouvait être. Croisant deux personnes pensionnaires de l’établissement, l’identification a été facile: « ah oui, c’est Mme… la dame qui sourit tout le temps. Elle est en salle d’accueil ».
    Si tous nous pouvions être reconnus par le sourire…

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